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2 février 2012

La vie d'un légume à l'heure de la sortie de l'Oléocène

Le légume

Analysons la vie d'un légume Espagnol ou Hollandais, acheté dans un supermarché en France. Il est de production industrielle, forcément.

Sa culture a nécessité des engrais et pesticides issus du pétrole et transportés avec du pétrole. Sa production a nécessité une mécanisation consommatrice de pétrole et d'énergie électrique. Son acheminement en France, son stockage et sa distribution vers le revendeur sont également dépendants du pétrole. Les supermarchés étant loin des centres urbains, sa vente dépend également du pétrole.
 Quel que soit le produit acheté dans la grande distribution (alimentaire, électronique, outillage, équipement, etc), il est probable que sa production et son transport seront totalement dépendants du pétrole. D'un bout à l'autre de la chaine. C'est un circuit long. L'opération n'est rentable qu'en optimisant tous les flux de cette chaine. Et le talon d'Achille du système, c'est le pétrole, et éventuellement les intempéries. Des millions de personnes dans le monde n'ont plus que ces solutions-là pour se nourrir. Elles sont en grand danger.

Analysons maintenant la vie d'un légume de production paysanne destiné à un marché local.

Le producteur est une entreprise familiale. La culture de ce légume utilise des ressources locales en engrais naturel et pesticides naturels si besoin,  ( ah! purins de tanaisie, consoude et prêle....) La mécanisation est minimale voire inexistante. L'acheminement direct vers le consommateur (AMAPs, Voisins de panier, vente directe, coopérative), peut se mesurer en mètres.  Ce circuit ne nécessite que très peu d'énergie et donc, n'est pas dépendant de l'économie des ressources fossiles. D'un bout à l'autre de la chaine, le producteur et le consommateur maitrisent l'économie du système. C'est un circuit court. Le talon d'Achille du système, c'est le lumbago du producteur.

Le pétrole

L'Asie est devenue l'atelier de la planète, mais est dépendante de l'énergie et des matières premières qu'elle importe massivement. Sa population veut désormais des voitures comme dans les pays riches. Entre Inde, Chine et Afrique, un milliard de voitures supplémentaires seraient attendues dans les 10 ans qui viennent. On ne parle pas de la pollution qui peut en résulter, tellement ce sujet est mineur vis-à-vis des problématiques alimentaires.

Nous vivons en ce moment, depuis 2010, le moment où la demande en pétrole égale et commence à dépasser la production ( selon l'Agence Internationale de l'Energie et diverses publications scientifiques). La conséquence est, qu'après le plateau de stabilité que nous vivrons encore quelques dizaines de mois, nous allons voir le prix du pétrole monter régulièrement et ne plus jamais redescendre. Dans les pays pauvres dépendants de leurs importations de céréales, il y aura vite conscience qu'il faut abandonner les cultures 'de confort' pour les pays riches, comme café ou cacao, et se consacrer aux cultures alimentaires. Les traditions agricoles sont encore très vivaces. 

Dans les pays riches, le bouleversement sera bien plus important. Politiquement, socialement, économiquement, techniquement. Les plus grandes zones urbaines du monde vont avoir du souci à se faire pour leur alimentation. Plus un pays aura eu son économie dépendante du pétrole, comme les USA par exemple, plus la reconversion sera difficile et génératrice d'une énorme instabilité. Le nouveau tiers-monde est là, avec toutes les turpitudes d'un tiers-monde.

Mais avec l'engouement actuel pour l'écologie, personne n'aurait peur d'aller à nouveau manier la terre, comme nos grand-parents le faisaient, au lieu de rester une heure de plus devant les écrans lobotomiques ? 

Nous avons mis moins d'une centaine d'années pour mettre la planète à genoux, pour perturber des équilibres qui nous sont cependant vitaux. Il est temps d'arrêter au plus vite cette destruction, et de mettre en place toutes les alternatives possibles autour de nous. Il est illusoire de croire  que nos idées puissent rapidement prendre le dessus sur les intérêts financiers qui maitrisent nos espaces politiques. Seul le développement viral de nos actes recèle une vraie efficacité. Notre légume terreux est bien plus riche que le votre.

1 février 2012

Le capitalisme est un soviétisme

Où l'on va s'apercevoir que le modèle économique actuel pousse à l'extrême la concentration et la centralisation.

A peu près tout ce que l'on reprochait au soviétisme s'est finalement développé dans le capitalisme : concentration des activités industrielles, production et distribution de masse, uniformisation des biens et des services, spoliation des ressources (naturelles, minières, énergétiques, sociales, etc), pensée unique et propagande par les médias, contrôle direct ou destruction de toutes les formes de diversité  (culturelle, agricole, biologique, artisanale, micro-économique, politique, éducative, scientifique, informationnelle, etc. ), mensonges officiels sur tous les indicateurs économiques, sociologiques, industriels, culturels, environnementaux, etc. Il y aurait tant de parallèles à faire. On peut même citer les slogans de certaines firmes qui se vantent de fournir le même produit alimentaire dans le monde entier.

La concurrence est un mythe. Dès qu'une entreprise réussit, elle croît en rachetant ses concurrents ou les marchés de ses concurrents. Il n'est pas possible de faire autrement. Une fois son emprise établie sur son marché d'origine, l'entreprise diversifie ses activités et vient à racheter d'autres entreprises. Puis l'expansion se fait internationale, jusqu'à devenir une transnationale qui brasse des fonds monumentaux et emploie beaucoup de monde. 

A chaque étape, le poids industriel et financier se transforme encore plus fortement en pouvoir politique, et les décisions d'un petit groupe concernent de plus en plus de monde. Les décideurs, au sommet de ces gigantesques pyramides, font rentrer d'autres décideurs dans leurs conseils d'administration, mais aussi des économistes, des gens de média, des financiers, des stratèges, des personnalités.

Ils créent ainsi des réseaux de décideurs interconnectés, tous impliqués dans une stratégie commune qui leur permet d'imposer leurs vues au monde politique. Leur grand-messes, dans les lieux les plus huppés de la planète ne leur permettent plus de voir le monde et ses milliards d'habitants. C'est comme cela que naît une ploutocratie : quelques dizaines de milliers de personnes en réseau dirigeant le destin de 7 milliards d'individus désorganisés. 

Les technologies de communication nées avec Internet peuvent changer cela. Nous avons virtuellement la possibilité de créer de vrai réseaux de citoyens et acteurs du monde, bien plus puissants que ces décideurs alliés à leur protecteurs politiques se réclamant de la démocratie.  Inutile de vous dire que le citoyen seul et désorganisé n'a pas beaucoup de poids dans ce monde. Le citoyen est tout en bas de la pyramide, comme un pion minuscule. Mais c'est lui, avec ses semblables, qui tient tout l'édifice. 

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28 janvier 2012

Comment changer la société

La ploutocratie ne vous satisfait pas ? vous souhaitez une vraie démocratie ? voici trois idées pour un changement:

Classique: changer le système de l'intérieur, en réformant peu à peu, en utilisant les structures politiques en place, pour orienter les choses dans les bonnes directions. Il n'y a qu'un nombre très limité de pays, en Amérique du Sud par exemple, dans lesquels des changements radicaux ont pu s'opérer par la voie politique traditionnelle. Cela fonctionnerait-il dans les pays riches ? Difficile de changer les choses lorsque le consensus règne à propos de l'économie actuelle, et lorsque tous les pans de la société sont tenus par le marché.

Brutal : changer le système radicalement, cassant rapidement le système actuel, et tenter de mettre en place autre chose tout aussi rapidement. C'est le principe révolutionnaire. Dans l'interconnexion des flux financiers, des flux de biens, de services, d'énergie, etc., tout casser d'un coup provoque une paralysie générale susceptible d'annihiler toutes les volontés révolutionnaires. Ce système peut fonctionner lorsqu'une population est solidaire, informée, cultivée, prête à en découdre, prête à abandonner ses habitudes pendant la période de transition, et surtout uniformément volontaire pour ce changement, prête à changer de vie. Pas d'exemple récent.

Malin : construire un système parallèle indépendant du système dominant, progressant lentement, jusqu'à ce qu'il s'impose de lui-même par ses choix judicieux, en rendant les autres formes obsolètes. C'est ce que je vais essayer d'imaginer dans ces pages. A tâtons, forcément. Avec vous, si vous voulez participer en commentant.

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