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29 février 2012

Circuit long, circuit court, relation directe & taille humaine

Mais revenons à nos légumes. 

Pour comprendre comment la centralisation et le modèle pyramidal peuvent être court-circuités, prenons un exemple dans la vie quotidienne, l'alimentation. (Manger et boire sont des priorités absolues, comme dirait Coluche.) Nous observons qu'il y a à peu près deux modèles en usage:

Alimentation industrielle, circuit long = agriculture industrielle + concentration des matières premières + transformation industrielle + pré-processing de l'alimentation + intermédiaires + distribution de masse = impacts sur l'environnement (biodiversité, intrants, biotope, énergie, transports, emballages) + impacts sur l'énergie (pétrole) + sur la finance (spéculations sur les matières premières agricoles) + sur les transports + impacts politiques et économiques (délocalisations, impérialismes, brevetage des semences) + impacts sur la santé publique (intrants, pesticides, conservateurs, OGM) + impacts sur la sécurité + impacts sur la culture (marketing, nourritures confessionnelles, patrimoine), etc. On peut y rajouter un incroyable gaspillage : les derniers chiffres de 2011 montrent que 30 % de la production alimentaire mondiale est jetée sans être consommée. Centralisation ? Modèle pyramidal ? Les dix premiers grands groupes de l'agro-alimentaire nourrissent la moitié de la planète.

Alimentation familiale locale, circuit court = agriculture locale, vente directe, cuisine familiale= Intrants locaux et recyclés, biodiversité, semences locales reproductibles, patrimoine culturel, emplois locaux, environnement protégé, lien social, coût énergétique limité, etc. c'est encore le modèle de milliards de personnes sur cette planète, et il fonctionne depuis des milliers d'années, sans détruire quoi que ce soit.


L'alimentation industrielle étant à la fois remise en cause par la croissance du coût de l'énergie et par les changements climatiques, à court terme, il nous faudra rapidement mettre en place des solutions durables pour nourrir les humains, quelle que soit leur zone géographique. Il va de soi que les populations qui sont déjà en auto-suffisance, qui sont généralement des populations de pays moins industrialisés, sont déjà à l'abri.

Ceux qui ont du souci à se faire à court et moyen terme sont les populations urbaines concentrationnaires. Les grandes mégalopoles. Elles sont actuellement  totalement dépendantes des transports et de l'industrie agro-alimentaire : pour chaque ville européenne et chaque produit alimentaire, on connait le nombre de jours d'autonomie. Les citoyens de nos plus belles capitales seraient surpris de découvrir que cette autonomie n'est que de quelques jours, voire quelques heures, tellement les flux tendus sont devenus la norme de distribution alimentaire.

Certes, dans l'avenir, les urbanistes de demain ont imaginé et intégré les notions de permaculture urbaine, fermes verticales, fibres et protéines produites en bassin, villes en transition, mais ces concepts sont tellement inconnus des politiques et des citoyens, tellement ignorés par la pensée unique, que leur mise en place ne pourra se faire qu'au bord du gouffre énergétique et climatique, si l'on en a encore les ressources.

Certains ont déja commencé les mutations nécessaires : aux Etats-Unis, à Détroit par exemple, ville sinistrée de l'automobile, des pavillons d'habitation et des usines abandonnés au coeur des quartiers sont détruits et remis en agriculture par des collectifs citoyens ( en général en agriculture bio), pour subvenir aux besoins locaux. Mais on a du mal à imaginer ce que peuvent devenir Tokyo, New-York ou Paris lorsque les légumes ne pourront plus venir d'Italie, Hollande, Espagne ou Maroc.

Retrouver une alimentation non-industrielle, saine et à coût raisonnable, sans impact sur l'environnement, génératrice de culture et de lien social, est nécessaire pour l'humanité. On ne peut pas croire un seul instant que les technocrates de certains organismes de recherche, ou d'agences mondiales de l'alimentation, prétendant que les OGM de trois ou quatre firmes transnationales vont suffire à nourrir le monde, aient raison dans le contexte qui se dessine sous nos yeux.

Il faut que la paysannerie renaisse dans le monde sous de nouvelles formes. Il y a d'abord une question d'échelle. Le capitalisme a profondément ancré dans nos cerveaux les notions de production de masse, de croissance continuelle, de négation de la distance, de productivité, de rendement, d'immédiaté. Tout concepts éloignés de la raison de la Nature.

A quoi sert la notion de rendement si elle écrase le paysan dans des travaux harassants, si elle pourrit son environnement, si elle détruit son moral et sa vie familliale, si elle l'endette, si elle le sert pieds et poings liés à des multinationales pour lesquelles tout individu n'est qu'un pion interchangeable, et si elle ne fournit au consommateur final qu'un produit toxique, formaté et sans saveur ? Un paysan avec 4 hectares en bio, ne faisant que de la vente directe, vivant largement, n'est-il pas plus heureux qu'un céréalier ou un éleveur avec des dizaines ou des centaines d'hectares ?

Pour une exploitation agricole, comme pour une  entreprise ou une architecture, ou tout processus humain il faut revenir à la notion primordiale de taille humaine.

La taille humaine, c'est un équilibre entre le contrôle par une personne, ou un tout petit groupe de personnes en entente cordiale, et un processus de production ou de génération. C'est ce qu'une personne peut manipuler, contrôler, entretenir, surveiller, travailler, détenir, protéger, construire, développer, concevoir, enseigner, transmettre, sans dépendre de façon vitale d'un autre processus.

Dans les AMAP que l'on voit surgir dans le monde depuis une dizaine d'années, un maraicher, un éleveur, un fruiticulteur, et un seul céréalier suffisent pour 40 à 80 foyers avertis, c'est à dire, foyers dont les processus d'alimentation ont quitté l'ère consumériste traditionnelle née au milieu du XXème siècle.

Les agriculteurs en vente directe bien organisés, sous AMAP, sous coopérative comme les Voisins de Panier par exemple, arrivent à vendre, et souvent du bio, au prix de la grande distribution. De nouveaux concepts de rotation ou de partage de ressources, permettent avec un minimum d'organisation numérique, de rajouter la diversité nécessaire aux processus, aux productions, comme au lien social.

Toute cette économie de la vente directe repose sur une seule chose: un ensemble de technologies de communication et d'agrégation de contenus. C'est la véritable clé du système. Ces outils ont permis une automatisation des relations technocratiques nécessaires à la production, à la distribution et au lien social associé. Ces outils, quasiment tous liés à Internet et à la culture des Logiciels Libres et Ressources Libres ne sont que des intermédiaires, des synapses, mais ils sont à protéger comme la prunelle de nos yeux. Ils sont totalement dépendants d'Internet, c'est à dire d'un réseau non dépourvu de failles, mais que l'on peut doubler, là aussi, de façon pérenne.

En ce qui concerne l'aspect économique, cette taille humaine permet également d'utiliser des modes d'échange non-marchands, c'est à dire des systèmes d'échange de services, d'échange de biens, dans lesquels aucun pouvoir économiquement totalitaire ne peut intervenir.

On rétorquera: oui, mais, pouvons-nous nourrir Paris ou Tokyo avec des AMAPs ? et les pays ou l'hiver dure 6 mois et empèche toute culture ?

Dans la situation actuelle, la réponse est non. Il n'y a pas de solutions miracle, mais une multitude de solutions à échelle humaine, qui chacune apportent leur pierre à un problème particulier. Un système d'autonomisation, d'autogestion, ne peut pas se concevoir à l'échelle industrielle. C'est un piège.

Une mégalopole de 30 millions d'habitants comme Tokyo, si l'énergie pour les transports transnationaux vient à manquer (le Japon entier importe 60% de sa nourriture d'autres parties du monde), doit réduire sa population, à la fois pour dégager des surfaces agricoles ( verticales), et à la fois pour limiter la masse d'aliments à fournir par unité de surface terrestre.

La concentration humaine est une création des révolutions industrielles, liée à la mécanisation, à la production de masse. C'est à dire dépendante de ces paramètres. La bonne réponse est donc d'aérer les zones concentrationnaires, qui d'ailleurs, le font naturellement si on ne les remplissait pas à nouveau, car la fécondité baisse avec la concentration des individus.

Une deuxième problématique alimentaire est celle de la dépendance au climat ou aux saisons: trop froid ou trop sec. Là aussi, il n'y a pas de réponse globale ou systématique, mais un ensemble de solutions à échelle humaine, évoluant avec le temps.

Les pays riches très froids en hiver importent massivement des produits cultivés à des milliers de kilomètres de là : Il y a pourtant des techniques traditionnelles de conservation, que le monde moderne nous a fait oublier, pour garder plusieurs mois des protéines végétales ou animales en attendant la bonne saison ( Qui possède chez soi un vieux livre de cuisine de grand-mère ou arrière grand-mère saura comment on peut conserver un oeuf intact pendant plus de 6 mois ou un an, une pomme ou une carotte pendant tout l'hiver).

Il y a aussi des techniques contemporaines de culture hors-sol, germinations et autres fermentations sous abri, qui peuvent assurer diversité en produits frais, goût et culture du bien manger. L'énergie pour ces cultures indoor n'est pas un problème dans la mesure où ces pays ont une abondante énergie hydraulienne à proximité ( la gigantesque énergie des courants marins, à ne pas confondre avec le marémoteur ou l'houlomoteur)

Mais ne nous enfermons pas dans des solutions toutes faites. Ni dans l'aveuglement technologique. Regardons simplement le fait que d'un côté, l'auto-organisation, l'autogestion, la taille humaine permettent une indépendance des processus, du producteur jusqu'au consommateur. Même la finance ne peut pas parasiter le système.

Le consommateur consumériste objectera que le temps lui manque pour s'insérer dans un processus d'autogestion. La réalité est qu'il n'a pas quantifié le temps total que lui prennent ses activités liées à l'alimentation, et encore moins l'emprise psychologique que lui prennent ces courses, ni le temps qu'il lui faudra pour s'en remettre. Par exemple le temps de montre et le temps de cerveau nécessaire pour quitter un centre urbain avec un véhicule, rejoindre une zone commerciale péri-urbaine, naviguer entre parkings, rayons, queue à la caisse, parking, chariot, sacs, emballages, regarer son véhicule est bien supérieur à l'heure de plaisir de retrouver les copains de l'AMAP, son agriculteur, boire un coup et papoter avec les autres Amapiens dans un lieu sympa, à proximité de chez soi.

En serait-il de même pour des productions non-alimentaires ? de l'habillement, de l'équipement, de l'électronique, du pharmaceutique ? nous nous y pencherons ultérieurement.

20 février 2012

Nous n’avons rien à envier aux Pascuans, aux Sumériens ou aux Mayas

Depuis l'aube de l'humanité, les groupes humains s’organisent en structures pyramidales hiérarchisées.

Au sommet, le chef, élu ou imposé.  A la base, la population, les administrés, les exécutants. Entre les deux, des hiérarchies intermédiaires structurent le groupe: le pouvoir se délègue en de multiples entités de plus en plus spécialisées, par strates successives, jusqu’à la fonctionnalité espérée pour le système. 

En dehors de la transmission du pouvoir, la mission des hiérarchies intermédiaires est de générer, d’orienter et de filtrer des flux d’informations du sommet vers la base et de la base vers le sommet. Ces flux sont essentiels pour le bon fonctionnement du groupe. Ils transmettent notamment, de la tête vers les administrés, les décisions, les objectifs communs, la raison du pouvoir, et, dans l’autre sens, les différents indicateurs économiques, sociologiques, environnementaux, etc. , ainsi que les doléances de la base. L’efficacité d’un collectif n’est pas tant définie par sa structure hiérarchique, que par la qualité des tuyaux et surtout la qualité  des fluides qui la parcourent. 

Si le modèle pyramidal semble fonctionner pour de petites entités, c’est parce que le sommet, tout en déléguant ses pouvoirs, peut posséder une vision d’ensemble de toutes les composantes du système jusqu’à la base incluse, et ainsi orienter ses choix. De même  pour la base, la visibilité du pouvoir établit des liens de confiance et des protocoles de communication rapides sur un nombre limité de strates. Le groupe est réactif et suit rapidement l’évolution de son contexte.

A l’inverse, les grands groupes humains sont en échec sur une organisation pyramidale: grands groupes = grands territoires = grandes infrastructures : le nombre de strates hiérarchiques augmente. Le transfert des informations entre base et sommet se complexifie et donc ralentit, créant une diminution de l’interaction globale dans le groupe. Cette lenteur administrative empèche la réactivité nécessaire à l’évolution de tout système. Par ailleurs, à chaque nouvelle étape du transfert, la transcription bureaucratique de l’information modifie la nature des messages à transmettre.

La taille de l'entité, c'est-à-dire le nombre et la complexité des hiérarchies intermédiaires semble donc faire échec à la bonne transmission bidirectionnelle de l’information, à la fois en vitesse et en validité de contenu.  

Observons maintenant la tendance actuelle dans le monde: assistons-nous à l'accentuation de la centralisation et de la  pyramidalisation ou au contraire voyons-nous les prémices de l'éclatement et de l'autonomisation ?

-l’économie mondiale est un système de plus en plus centralisé autour des grands aiguillages des flux financiers, avec un nombre très limité de grands acteurs.

-l’industrie est centralisée autour des grands producteurs de matières premières et d’énergie, autour de la main d’oeuvre malléable et à bas coût. 

-l’agriculture et l'alimentation des masses n’ont jamais été aussi centralisés dans des grandes zones de production de masse, et sont totalement dépendants du pétrole.

-les grands continents construisent depuis la fin de la deuxième guerre mondiale de super entités économiques, politiques et industrielles: l’Europe, les deux Amériques, la Russie, l’Inde ou la Chine, dans lesquelles le pouvoir réel échappe totalement aux citoyens, mais se voit confié au secteur financier.

- seul le savoir résiste à cette concentration, car il dépend de milliards de sources désormais accessibles par la grande majorité de la planète, pour l’instant avec peu de possibilité de filtrage ou de censure: Internet.

Lorsqu'on observe la chute des grandes civilisations au cours des 5000 dernières années, on constate notamment que le modèle pyramidal a échoué par trop grande dilution du pouvoir dans les hiérarchies intermédiaires, par manque de réactivité aux événements du contexte, mais surtout par aveuglement sur les différents indicateurs du système notamment les indicateurs de ressources, indicateurs technologiques, sociologiques et environnementaux. 

Nous vivons actuellement deux contextes nouveaux, la sortie définitive du pétrole et les changements climatiques, qui nécessitent une conscience des bouleversements à effectuer pour survivre à ces chocs. Dirigeants et administrés doivent définir les stratégies à suivre, sans tarder, car aucune solution n'est effective sur un court terme. C'est un bouleversement total de l'économie actuelle que nous devons initier au plus tôt si l'on veut éviter le genre de troubles qu'ont subi les civilisations ayant chuté brutalement.

Regardons maintenant les programmes politiques des élus et des candidats à diverses élections majeures dans le monde. Lesquels ont le courage de proposer des politiques à long terme prenant en compte cette disparition ? quasiment aucun à part les partis ayant conscience de l'environnement. Font-ils semblant d'ignorer la réalité, ou sont-ils abusés par de mauvais flux d'information ?

Nous n’avons rien à envier aux Pascuans, aux Sumériens ou aux Mayas qui ont ignoré jusqu'au bout qu'ils étaient en train de saper leur propres fondations. Nous vivons dans le même aveuglement. Nos chefs en tête de cortège. A nous de faire remonter l'information. A nous de commencer les transitions nécessaires à notre niveau pour créer notre indépendance. Nous devons imaginer des solutions dans lesquelles nous serons co-décisionnaires à tout instant.

(billet en cours de rédaction et de modification)

2 février 2012

La vie d'un légume à l'heure de la sortie de l'Oléocène

Le légume

Analysons la vie d'un légume Espagnol ou Hollandais, acheté dans un supermarché en France. Il est de production industrielle, forcément.

Sa culture a nécessité des engrais et pesticides issus du pétrole et transportés avec du pétrole. Sa production a nécessité une mécanisation consommatrice de pétrole et d'énergie électrique. Son acheminement en France, son stockage et sa distribution vers le revendeur sont également dépendants du pétrole. Les supermarchés étant loin des centres urbains, sa vente dépend également du pétrole.
 Quel que soit le produit acheté dans la grande distribution (alimentaire, électronique, outillage, équipement, etc), il est probable que sa production et son transport seront totalement dépendants du pétrole. D'un bout à l'autre de la chaine. C'est un circuit long. L'opération n'est rentable qu'en optimisant tous les flux de cette chaine. Et le talon d'Achille du système, c'est le pétrole, et éventuellement les intempéries. Des millions de personnes dans le monde n'ont plus que ces solutions-là pour se nourrir. Elles sont en grand danger.

Analysons maintenant la vie d'un légume de production paysanne destiné à un marché local.

Le producteur est une entreprise familiale. La culture de ce légume utilise des ressources locales en engrais naturel et pesticides naturels si besoin,  ( ah! purins de tanaisie, consoude et prêle....) La mécanisation est minimale voire inexistante. L'acheminement direct vers le consommateur (AMAPs, Voisins de panier, vente directe, coopérative), peut se mesurer en mètres.  Ce circuit ne nécessite que très peu d'énergie et donc, n'est pas dépendant de l'économie des ressources fossiles. D'un bout à l'autre de la chaine, le producteur et le consommateur maitrisent l'économie du système. C'est un circuit court. Le talon d'Achille du système, c'est le lumbago du producteur.

Le pétrole

L'Asie est devenue l'atelier de la planète, mais est dépendante de l'énergie et des matières premières qu'elle importe massivement. Sa population veut désormais des voitures comme dans les pays riches. Entre Inde, Chine et Afrique, un milliard de voitures supplémentaires seraient attendues dans les 10 ans qui viennent. On ne parle pas de la pollution qui peut en résulter, tellement ce sujet est mineur vis-à-vis des problématiques alimentaires.

Nous vivons en ce moment, depuis 2010, le moment où la demande en pétrole égale et commence à dépasser la production ( selon l'Agence Internationale de l'Energie et diverses publications scientifiques). La conséquence est, qu'après le plateau de stabilité que nous vivrons encore quelques dizaines de mois, nous allons voir le prix du pétrole monter régulièrement et ne plus jamais redescendre. Dans les pays pauvres dépendants de leurs importations de céréales, il y aura vite conscience qu'il faut abandonner les cultures 'de confort' pour les pays riches, comme café ou cacao, et se consacrer aux cultures alimentaires. Les traditions agricoles sont encore très vivaces. 

Dans les pays riches, le bouleversement sera bien plus important. Politiquement, socialement, économiquement, techniquement. Les plus grandes zones urbaines du monde vont avoir du souci à se faire pour leur alimentation. Plus un pays aura eu son économie dépendante du pétrole, comme les USA par exemple, plus la reconversion sera difficile et génératrice d'une énorme instabilité. Le nouveau tiers-monde est là, avec toutes les turpitudes d'un tiers-monde.

Mais avec l'engouement actuel pour l'écologie, personne n'aurait peur d'aller à nouveau manier la terre, comme nos grand-parents le faisaient, au lieu de rester une heure de plus devant les écrans lobotomiques ? 

Nous avons mis moins d'une centaine d'années pour mettre la planète à genoux, pour perturber des équilibres qui nous sont cependant vitaux. Il est temps d'arrêter au plus vite cette destruction, et de mettre en place toutes les alternatives possibles autour de nous. Il est illusoire de croire  que nos idées puissent rapidement prendre le dessus sur les intérêts financiers qui maitrisent nos espaces politiques. Seul le développement viral de nos actes recèle une vraie efficacité. Notre légume terreux est bien plus riche que le votre.

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